Un été comme les autres !

Qui connaît la chanson de Voulzy "On à tous dans l'coeur une petite fille oubliée" aura sans doute eu une réaction nostalgique à l'évocation de Saint-Malo.

Il faut dire que la cité corsaire est un haut-lieu touristique mondialement connu, à la confluence de beaucoup de routes.

Du rhum pour commencer ...

Non, il ne s'agit pas là de l'injonction éthylique d'un quelconque pirate attablé à une taverne de bas étage mais de la route du Rhum, que la ville accueille tous les 4 ans avec son armada de formule-un des mers, ses stars du gouvernail, ses as de la drisse.

Saint-Malo puise d'ailleurs son prestige nautique dans un (pas si) lointain passé où les hommes partaient en mer à l'autre bout du monde, où la grasse morue prolifère (non, pas sur les plages de la côte d'Azur).

Les Terre-Neuvas, comme on les appelait, allaient affronter la rudesse des mers froides du Canada sur des coques de noix, sans cirés Guy Cotten ni petite laine polaire et n'étaient bien entendu pas sûrs-sûrs de rentrer. Et dire qu'il y en a qui se plaignent qu'il n'y a plus d'Ketchup !

Mais Saint-Malo, c'est aujourd'hui une terre d'accueil ! Une ville que tout le monde connaît de près ou de loin, que tout le monde a déjà visité ou compte visiter dans un futur plus ou moins proche. On y connaît forcément quelqu'un qui y vit ou qui y a vécu et peut être que certains parisiens, saoulés par la promiscuité moite du métro en été et le prix du mètre carré dans le moindre arrondissement de la capitale l'ont inscrite dans leur top liste des endroits où ils aimeraient vivre (Quand Giroflée aura terminé son cycle Montessori et quand maman aura lâché son poste de design manager en web communication des réseaux, payée au tarif conventionnel du stage)

Certains ont même sauté le pas. Des gens courageux que rien n'arrête. Des gens qui regardent vers le lointain, les yeux mi-clos par la bruine et le crachin qui leur burinent la figure. Des gens magnifiques et n'ayons pas peur des mots, les héros actuels d'un monde pré-apocalyptique en totale disruption névrotique.

Des gens comme moi.

Quoi, j'vous avais pas diiiit ?? On vit à Saint-Maloche depuis plus d'un an et on adoooOOOre ! C'est vrai que la ville est bien cool, pour des jeunes parents comme nous, en disruption sociale.

(ça veut dire qu'on avait pas d'amis.... // C'est une blague. Si ma femme lit ça, elle va me faire une scène. Et je vais devoir lui dire que c'est une blague. Puis elle va lire ces annotations et là, ça va être la quatrième dimension. Une sorte de mise en abîme du dialogue ...)

Bref, ici à Saint-Malo, quand on veut se promener, on se pose pas mille questions, on file tout droit à la mer !

Eté comme hiver, on prend tout droit et Paf, payes ta vue ! Tu peux venir n'importe quand, la beauté du paysage va t'exploser au visage dans un éclat d'embrun, l'immensité des éléments s'imposera à toi et à tes problèmes.

Eté comme hiver, tu pourras venir marcher le long de la grève, sur le sable ou sur la digue (en fonction des pérégrinations de la marée) avec ton petit pull noué autour du cou...

HA bé parce que là, on touche le vrai noeud du problème de qu'est-ce que je voulais dire !

Bon, je me suis confondu en circonvolutions plus ou moins bien documentées, j'ai tenté une introduction qui rendrait hommage à la mer, afin de montrer une forme de déférence - ou du moins de respect- à une cité où, je tiens à rappeler, des descendants de pirates sont encore en liberté. Mais, mon honneur de gentilhomme me gratte la gorge et je n'en puis plus de me taire : je préfère encore croiser le fer avec l'un d'eux, quitte à finir sur une planche, pieds et poings liés, poussé vers une mer infestée de squales par le piquant d'un sabre, lesté par un canon de douze... plutôt que de garder pour moi ce secret qui me ronge.

Il fait pas chaud chaud à Saint Malo !

Un copain me disait hier : Saint-Malo, la cité balnéaire avec 4 jours de chaleur par an. La scène d'une grande intensité aurait pu nous conduire à saisir la Licra mais ouf, mon copain est né à Saint-Servan !

Donc quand, on a la chance d'être là pour une de ces quatre journées de canicule annuelles, où le mercure dépasse la barre mythique des 25°C avec la rage d'un Chris Froome sur le Ventoux, et bien, on en profite !

Et on va faire des photos, avec la joie de se dire qu'on passe un été, comme les autres...


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